"Au début, c'est pour nous évader des choses que nous pensons ; puis, lorsque nous sommes allés trop loin, pour nous perdre dans le regret de notre évasion..." Cioran
dimanche 27 novembre 2016
dimanche 20 novembre 2016
mardi 15 novembre 2016
Primaires candidats
Ce mardi matin, alors que j’ai préféré m’isoler des médias
pendant plusieurs jours de peur de subir une énième interprétation délirante du
réel façon Bernard Guetta et consorts, j’allume par ennui mon autoradio au feu rouge.
Je peste immédiatement en tombant sur une publicité, incident de plus en plus
fréquent mais toujours aussi navrant sur France Inter, station du service
public. Je patiente néanmoins, afin de connaître l’identité de l’invité.
Il s’agit de Bruno Le Maire, normalien, ancien ministre, et candidat aux
primaires de la droite et du centre. Le gars est assez jeune, et comme Emmanuel
Macron, nous fait le coup du renouveau dans le style de Giscard il y a quarante
ans. Lui aussi promet le changement, vieille habitude – le changement est la
promesse qui ne change jamais dans les discours électoraux. Vu que je n’ai que
ça à faire, je décide d’écouter en quoi son propos peut être original. Nous en
sommes à l’heure des appels d’auditeurs. Le premier se présente comme agriculteur,
mais pose une question qui n’a rien à voir avec sa profession. Cela n’empêche
pas Bruno Le Maire de débuter sa réponse ainsi : « je profite de
cette occasion pour saluer à travers vous tous mes amis agriculteurs ».
S’ensuit un blabla fiscal sans intérêt sur la TVA, les impôts et toutes sortes
de choses que les gens s’imaginent décisives pour orienter leur vote et faire
une différence entre ce qui est "de droite" et ce qui est "de gauche", alors que les propositions de toute la classe politique
sur ces sujets, comme d’ailleurs sur le reste (hormis quelques polémiques sociétales
de diversion), ne sont que des aménagements mineurs et consensuels dans la
matrice définie par le capitalisme. Bref, on passe à l’auditeur suivant. La
question et la réaction seront là encore sans aucune valeur, mais le type
téléphone depuis l’île de la Réunion et je me demande si ce nouveau détail,
manière d’attribuer au moins quelques miettes à l’électeur dans cette grande
mascarade de personnalisation qu’est la démocratie représentative, sera relevé
par le politicien. Bingo : « J’en profite, David, pour saluer tous
mes amis de la Réunion ». Je lâche une seconde
le volant pour applaudir. Le troisième intervenant trié par le standard s’adresse
à l’invité en l’appelant "Monsieur le Ministre", selon cette
convention qui veut qu’une personne ayant été ministre soit nommée ainsi pour
le restant de ses jours. Aussitôt, le candidat du renouveau lui coupe la
parole : « oh vous savez, je préfèrerais largement Bruno. Appelez-moi
Bruno ».
Une journée de consultations m’attend, et j’ai déjà mon
compte d’histrionisme. J’éteins la radio : à choisir, mieux vaut l’ennui
que la bile.
dimanche 13 novembre 2016
Réouverture du Batatatatataclan
A la dernière minute, Sting ne put se rendre sur scène pour son concert-hommage, à cause d'une vilaine gastro-entérite. Sid Vicious fut choisi pour le remplacer au pied levé. Mauvaise idée...
vendredi 11 novembre 2016
Comme une blessure étrange
C’est ma femme qui m’a appris ce matin, avec douceur, ta mort. J’ai pleuré. Je savais pourtant que ce moment allait arriver, comme on se prépare au départ d’un proche. Il faut dire que je n’avais que dix ans lorsque je t’ai rencontré... Comme une blessure étrange, "Suzanne" devait me hanter à jamais. C’est la seule chanson que je sais interpréter une guitare à la main, ce que j’ai fait des centaines de fois, mes malheureux amis du lycée peuvent en témoigner. Tout le reste, les agitations hystériques de l’actualité n’ont aucune importance à côté de cette nouvelle : tu n’es plus là. Mais ce n’est pas une disparition. Un poète ne disparaît pas.
mardi 25 octobre 2016
samedi 22 octobre 2016
Exercice d'exécration
« Ma curiosité et ma répulsion, ma terreur aussi devant
son regard d’huile et de métal, devant son obséquiosité, sa ruse sans vernis,
son hypocrisie étrangement non voilée, ses continuelles et évidentes
dissimulations, devant ce mélange de canaille et de fou. Imposture et infamie
en pleine lumière. Son insincérité est perceptible dans tous ses gestes, dans
toutes ses paroles. Le mot n’est pas exact, car être insincère c’est cacher la
vérité, c’est la connaître, mais en lui nulle trace, nulle idée, nul soupçon de
vérité, ni de mensonge d’ailleurs, rien, sinon une âpreté immonde, une démence
intéressée... »
Cioran, De l’inconvénient d’être né
Inscription à :
Articles (Atom)



